À l'approche du sommet financier européen, le président de l'UE Charles Michel a présenté une proposition de compromis pour le cadre financier pluriannuel, dans laquelle il tente de satisfaire les souhaits et attentes des gouvernements de l'UE, de la Commission européenne et du Parlement européen.
Depuis un certain temps, les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel sont intenses, certains ayant même menacé de boycott ou de blocage. La semaine prochaine, une proposition sera sur la table à Bruxelles, dont le budget est inférieur à ce que souhaitaient la Commission européenne et le Parlement européen, mais toujours supérieur à ce que la plupart des pays de l'UE, comme les Pays-Bas, désiraient jusqu'à présent.
Les dépenses dans la proposition finale du président de l’UE Michel s’élèvent à 1,074 % du revenu européen commun (PIB), soit 1094 milliards d’euros. La Commission européenne souhaitait augmenter le budget de manière significative jusqu’à environ 1300 milliards d’euros, soit 1,11 %. Le Parlement européen réclame un budget encore plus important, envisageant environ 1500 milliards d’euros (1,3 %) pour la période 2021 – 2027.
Avec ce taux de 1,074 %, Michel maintient le niveau d’une proposition antérieure déjà rejetée lors de la présidence finlandaise, mais intègre certaines propositions et exigences de plusieurs parties. Ainsi, il réduit les dépenses pour les subventions agricoles et le développement rural de plus de 50 milliards, à 329 milliards d’euros. Pour certains pays de l'UE, cela est quasiment inacceptable, mais pour d'autres, ce n’est toujours pas suffisant.
Une réduction similaire est prévue pour le soutien aux régions moins développées (fonds de cohésion), portant le total à 323 milliards. Plus un pays est riche, moins il reçoit de ce fonds. Ainsi, les pays riches de l'UE manqueront prochainement des revenus. De plus, certaines « réductions majeures » des pays économiquement forts seront supprimées.
Les pays qui questionnent l'état de droit devraient pouvoir être sanctionnés par des réductions. Mais cela devient dans la proposition de Michel beaucoup plus difficile qu’une proposition antérieure. C’est en quelque sorte une exigence à la fois de la Commission et du Parlement, mais les premiers ministres et chefs d'État n’osent pas encore s’attaquer directement à des pays réticents tels que la Pologne et la Hongrie.
La proposition prévoit également plus de ressources propres pour le budget de l’UE, bien que cela ne puisse pas encore être considéré comme des impôts européens. Il s'agit des recettes provenant des enchères de droits d’émission de CO2 et d’une taxe sur les emballages plastiques non recyclés, en cofinancement du Green Deal. Cela représenterait entre 14 et 15 milliards d’euros.
Michel propose en outre que les États membres ne puissent conserver que 12,5 % des droits perçus sur les marchandises importées. Actuellement, ils en conservent 20 %. Par ailleurs, les pays de l'UE devraient verser 10 milliards d’euros supplémentaires à la Banque européenne d’investissement, afin de générer 500 milliards d’investissements additionnels pour le climat et la numérisation.
Lors du sommet de l’UE la semaine prochaine, des négociations intenses auront lieu sur l’ampleur du budget et sur ses affectations. Charles Michel n’a pas indiqué combien de temps durera le sommet. On s’attend à Bruxelles à ce qu’il ne soit pas facile de parvenir à un accord. On pense qu’il faudra peut-être négocier plusieurs nuits d’affilée. Il est possible qu’un sommet supplémentaire soit nécessaire ultérieurement. Tous les 27 États membres doivent approuver le budget.

