Il est prévu que le Conseil de l'agriculture et de la pêche de l'Union européenne approuve cette semaine la « stratégie de la ferme à la table » de la Commission européenne, mais il est déjà clair que la Hongrie émettra une réserve.
Il est également connu que « pays agricole » la Pologne s'oppose au fait qu'une grande partie des subventions à l'agriculture « classique » soit uniquement attribuée à l'agriculture biologique. Il reste donc incertain dans quelle mesure les nouvelles règles du Green Deal seront contraignantes et obligatoires.
Selon la Hongrie, diviser par deux la quantité de pesticides chimiques, en plus des réductions déjà effectuées, et porter la part des surfaces agricoles biologiques à 25 % est trop ambitieux. La réduction de l'utilisation des pesticides et des fertilisants doit prendre en compte les différentes situations dans les différents pays de l'UE et les efforts déjà consentis jusqu'à présent.
« Ces dernières années, la PAC a permis une agriculture plus efficace avec intensification et augmentation de la taille des exploitations. Mais le modèle actuel d'agriculture intensive conduit directement à la perte de biodiversité, à la pollution de l'eau et de l'air, à une utilisation excessive de l'eau et contribue à la crise climatique », déclare BirdLife Europe, un regroupement de 48 organisations environnementales nationales, dans un communiqué de presse.
Des amendements fuités, que BirdLife a pu consulter, montrent maintenant que les trois principaux groupes au Parlement, le Parti populaire européen (PPE), les sociaux-démocrates (S&D) et les libéraux (Renew), veulent affaiblir encore davantage la proposition actuelle de la Commission européenne. Selon les organisations environnementales, la nouvelle PAC profitera toujours principalement aux grandes entreprises agricoles et sera désastreuse pour le climat et la biodiversité.
Selon l’eurodéputé néerlandais Peter van Dalen (ChristenUnie), l’UE se dirige enfin vers une politique d’incitation. La ChristenUnie milite depuis longtemps pour cela : « Les agriculteurs qui produisent de manière plus durable et plus verte doivent être récompensés pour cela. »
Par ailleurs, Van Dalen estime justifié que l’UE mette l’accent sur la durabilité : « Il faut assurer une production alimentaire de qualité pour l’avenir, c’est pourquoi il est bon qu’une transition vers l’agriculture circulaire se fasse désormais dans le reste de l’Europe. »
L’eurodéputée du CDA Annie Schreijer-Pierik considère qu’il faut maintenir notre production alimentaire dans notre propre environnement. Cela est non seulement bon pour l’environnement, mais il est aussi important de ne pas dépendre d’autres parties du monde. « Pour moi, cela est prioritaire dans la réforme de la PAC. Afin que cela puisse vraiment devenir un modèle économique rentable pour les exploitations familiales agricoles », souligne Schreijer-Pierik.
Selon elle, il doit rester possible de rendre les régimes écologiques nationaux de la PAC plus attractifs financièrement. « Les fonds pour le développement rural devront – bien plus qu’ils ne le sont actuellement aux Pays-Bas – parvenir jusque sur la table des agriculteurs. » La politicienne du CDA souhaite en outre des mesures pour exclure les multinationales et les oligarques des subventions agricoles.

