Mais 46 % ne sont pas d'accord. Cette division est aussi marquée chez les électeurs des partis au pouvoir que chez ceux de l'opposition.
Des experts danois affirment que le pays doit instaurer une nouvelle taxe sur l'azote dans l'agriculture, sous peine de ne pas respecter ses engagements environnementaux internationaux. Le Danemark serait ainsi le premier pays de l'UE à instaurer une taxe sur les gaz à effet de serre.
Les experts danois ont proposé trois variantes, allant d'une redevance de quelques dizaines jusqu'à plus de cent euros par tonne de CO2 émise, combinée à des primes pour moderniser le secteur. Ces primes pourraient être financées grâce aux subventions agricoles actuelles.
Dans la variante la plus étendue, les recettes fiscales issues du supplément sur la pollution au CO2 seraient aussi utilisées pour une transition plus durable du secteur agricole danois. Le Danemark est considéré au sein de l’UE comme un des moteurs d’une politique active en matière d’environnement et de climat, y compris le Green Deal dans le cadre de la politique agricole.
Le PDG du groupe laitier dano-suédois Arla, Peder Tuborgh, estime que la réduction des émissions de gaz à effet de serre peut être obtenue sans introduire la controversée taxe CO2. Selon le patron laitier danois, son groupe a réduit ses émissions d'un million de tonnes au cours des deux dernières années.
« Tout ce que le gouvernement devrait faire, c’est d’encourager le secteur avec une carotte plutôt que de menacer avec un bâton », déclare Tuborgh dans une longue interview accordée au grand quotidien danois Jyllands-Posten.
Le directeur d'Arla souligne qu’il est entièrement d’accord pour que l’agriculture contribue à la réduction des émissions de CO2 au Danemark. Il encourage le gouvernement et le comité d’experts à s’inspirer du modèle de primes qu’Arla a introduit l’an dernier.
Le think tank Concito, qui fait partie de ce que l’on appelle au Danemark « le dialogue triangulaire vert », souligne que les chiffres avancés par Arla ne se retrouvent pas dans les statistiques climatiques. Selon les données de l’Agence de l’énergie, les émissions liées au bétail danois sont largement restées inchangées depuis des années.
« J’aimerais reconnaître le travail accompli par Arla, mais la production laitière danoise ne se limite pas à Arla. La taxe sur le CO2 proposée est une méthode pour répartir cette charge sur tous les agriculteurs danois, et nous devons inclure tout le monde », déclare l’économiste de Concito Torsten Hasforth à Jyllands-Posten.

