Pour atténuer les conséquences financières de la guerre en Ukraine, le gouvernement français a promis des avantages fiscaux pour les agriculteurs et des subventions pour les secteurs à forte intensité énergétique. Un total de 400 millions d'euros a été alloué à cet effet. Le président Macron souhaite également augmenter la production alimentaire.
Après une première phase en février et mars (de 75 millions), 175 millions d'euros supplémentaires ont été débloqués pour les deux prochains mois, cette fois également destinés aux entreprises associées.
Paris souhaite ainsi soutenir un secteur confronté actuellement à un effet de rareté. Le secteur agricole fait face à une forte augmentation des coûts d'exploitation (énergie, fourrage) et à une baisse des prix du porc. Cette baisse des prix dans l'ensemble de l'Union européenne (UE) est due à une production persistante élevée malgré la perte des débouchés (notamment en Chine).
Une restitution accélérée des taxes énergétiques est désormais prévue pour l'ensemble de l'agriculture en France, ainsi qu'une avance de 25 % sur l'année prochaine. Par ailleurs, le gouvernement veut garantir l'approvisionnement en engrais. Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a indiqué que le durcissement prévu des exigences de stockage pour le nitrate d'ammonium doit être reporté.
La Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA) avait également demandé une compensation pour les coûts du carburant, mais cette demande n'a pas (encore ?) été satisfaite. Il a en revanche été annoncé qu'une troisième phase de subventions aura lieu dans deux mois.
En outre, le président Macron a récemment déclaré lors du salon agricole à Paris qu'il souhaitait renforcer et moderniser davantage l'agriculture et l'industrie agroalimentaire françaises. En partie en réponse à la situation provoquée par la guerre russe en Ukraine, Macron estime qu'une nouvelle politique européenne des engrais doit voir le jour, incluant davantage d'engrais organiques et naturels.
Il a également souligné que l'invasion de l'Ukraine par la Russie aura inévitablement des conséquences pour le monde agricole. Il a notamment évoqué l'impact sur l'exportation dans les secteurs clés, tels que le vin, les céréales et les aliments pour le bétail. Le gouvernement français travaille à un plan pour atténuer les impacts économiques de cette crise, a-t-il déclaré.
Macron a insisté sur le fait que l'Europe doit être capable d'assurer de manière autonome son approvisionnement alimentaire. Au cours du dernier mandat de Macron, on observe un net changement dans sa vision de l'agriculture. Initialement, celle-ci était axée sur la « meilleure production ».
Mais lorsque la crise du Covid-19 a éclaté il y a deux ans, son attention s'est tournée vers le « produire davantage ». Depuis, Macron a renoncé à plusieurs de ses plans antérieurs de « verdissement » (interdiction du glyphosate, pas d'OGM, etc.). Cependant, pour l'instant les Français ne plaident (pas encore ?) pour un abandon ou un assouplissement du Green Deal.

