Quelques grandes entreprises du secteur européen des semences ont exhorté la Commission européenne à autoriser tout de même les lois sur les brevets et la propriété intellectuelle en agriculture et horticulture. Les développeurs de semences estiment qu’ils doivent pouvoir revendiquer un droit de propriété sur les variétés de plantes et légumes qu’ils ont développées.
La sélection classique des plantes, comme les croisements, ne relève pas du droit européen des brevets, a décidé définitivement l'Office européen des brevets (OEB) à Munich en mai, après des années d'incertitude juridique sur le brevetage des matériaux végétaux biologiques.
Le Parlement européen s’y est longtemps opposé et une décision finale est attendue cet automne. En septembre, le Parlement européen a adopté une résolution contre l’octroi de brevets sur des plantes, craignant que des multinationales n’obtiennent ainsi un monopole sur la sélection végétale, ce qui pourrait faire augmenter les prix des aliments.
En 2015, l’OEB avait accordé deux brevets, pour une variété de poivron et une de brocoli. Après l’intervention de Bruxelles, l’agence a décidé en 2017 de ne plus délivrer de brevets. On craint que la reconnaissance juridique de « droits de propriété » sur du matériel « naturel » génétiquement modifié n’ait finalement un impact négatif sur les agriculteurs petits et moyens.
Les droits de propriété intellectuelle (DPI) comprennent les brevets, droits d’auteur et marques commerciales, et visent à permettre aux entreprises de protéger leurs inventions et créations afin de mieux concurrencer à l’échelle mondiale.
Les demandes de brevet reconnues avant juillet 2017 restent valides. Celles déposées avant le 1er juillet peuvent encore être reconnues. Il y a un an, selon l’OEB, 250 demandes étaient en cours (plus 19 contestées), mais il n’est pas clair si elles avaient toutes été déposées avant l’été 2017. Les demandes déposées après le 1er juillet 2017 sont rejetées par l’OEB.
La Commission européenne reconnaît l’importance de ces droits et affirme que l’UE doit mieux protéger la propriété intellectuelle. Les développeurs de semences et de plantes d’Euroseeds affirment qu’une sélection végétale efficace est essentielle pour améliorer la production agricole et horticole durable. Ils ajoutent que le Pacte vert européen et les stratégies Farm to Fork « n’atteindront pas leurs objectifs sans la sélection végétale ».

