Les eurodéputés néerlandais du PvdA menacent de voter contre la nouvelle politique agricole commune (PAC) pour les sept prochaines années si elle ne contient pas suffisamment de mesures environnementales du Green Deal. C’est ce qu’a déclaré le membre du PvdA Mohammed Chahim à Bruxelles.
Cette déclaration de vote reflète le mécontentement de la groupe social-démocrate S&D au Parlement européen, qui estime que « les joyaux de la couronne de Frans Timmermans » ne sont pas suffisamment intégrés dans la stratégie « de la ferme à la fourchette », la section sécurité alimentaire du Green Deal.
De plus, les piliers de cette nouvelle politique agricole commune (réduction de moitié des pesticides chimiques ; obligation d’étiquetage alimentaire ; amélioration du bien-être animal ; subventions européennes désormais basées non plus sur les hectares mais sur les produits biologiques) sont remis en question par des pays agricoles « conservateurs » tels que la Hongrie et la Pologne.
Une fois tous les sept ans, les fonds européens alloués à l’agriculture sont redistribués. Bien que ce soit le moment idéal pour intégrer dans la politique européenne des objectifs nouveaux, durables socialement et climatiquement neutres, le Green Deal est quasiment passé sous silence, à la grande surprise des membres du PvdA.
L’eurodéputé du PvdA Mohammed Chahim a déclaré dans un communiqué de presse : « Il est extrêmement important que l’agriculture contribue également à l’atteinte des objectifs climatiques. Des conditions plus strictes doivent être imposées pour les aides directes. Les agriculteurs qui bénéficient de ces aides doivent prendre en compte le climat, l’environnement et la santé publique. Voilà à quoi ressemble l’agriculture de demain. »
La politique agricole européenne a historiquement surtout bénéficié à l’agro-industrie à grande échelle. Les propositions actuelles ne changent guère cela. Le principe du versement par tête de bétail reste en vigueur : plus on produit ou plus on est grand, plus on reçoit de subventions. Des dizaines de millions d’euros de subventions agricoles continueront à être versés à des exploitations géantes, redoute Chahim.
« 80 % des subventions agricoles totales sont aujourd’hui destinées à 20 % des agriculteurs ; ce sont souvent des entreprises agricoles industrielles. Nous ne devons pas continuer à engraisser les grandes usines agricoles au détriment des petits exploitants ».
Selon Chahim, le soutien à l’agriculture durable à petite échelle est l’un des objectifs de la nouvelle stratégie De la ferme à la fourchette. Par ailleurs, l’UE souhaite une meilleure stratégie pour la biodiversité. La taille du cheptel n’est cependant pas réduite. Selon les membres néerlandais du PvdA, cela est largement négligé.

