Quatorze pays de l'UE, dont les Pays-Bas, présentent un nouveau compromis sur les futures aides environnementales à l'agriculture européenne. Ils retirent leur proposition précédemment critiquée d'une période d'essai de deux ans pour les éco-schéma. De plus, les fonds représentant 25 % des aides de la PAC destinés aux objectifs du Green Deal resteront affectés spécifiquement à cette fin.
Les ministres espèrent parvenir à une percée dans les négociations au point mort avec le Parlement européen et la Commission européenne. Celles-ci étaient bloquées plus tôt ce mois-ci lorsque la ministre allemande Julia Klöckner – après un premier report de deux ans décidé auparavant – voulait encore instituer une période d'essai de deux ans à partir de 2023.
Lors d'une réunion ministérielle informelle mardi dernier, les ministres d'Allemagne et d'Autriche ont présenté une nouvelle « clé de répartition ». Celle-ci fixe pour la première fois des montants concrets (72 milliards pour les éco-schémas), établit que ces 25 % doivent être appliqués « dès la première année » et précise que les aides environnementales non utilisées ne seront pas réaffectées aux aides agricoles classiques.
Cette proposition a reçu le soutien de la Roumanie, de la Lettonie, de la Hongrie, de la République tchèque, des Pays-Bas, de la Grèce, de la Bulgarie, du Luxembourg, de la Suède, de la Belgique, de la Pologne et de l'Irlande. « Cela signifie que 14 pays de l'UE soutiennent explicitement notre demande », se réjouit la ministre autrichienne Köstinger.
Lors de cette réunion informelle des ministres, une délégation de COPA-COGECA ainsi que le président de la commission agriculture du Parlement européen, le chrétien-démocrate allemand Norbert Lins, étaient également présents. Ce dernier a constaté que les ministres avaient montré une plus grande volonté de compromis.
Cependant, toutes les questions controversées ne sont pas encore résolues. Le Parlement européen souhaite réserver 7 % des terres arables à la conservation de la nature. Cette proposition est jugée excessive par les États membres de l’UE, qui ne souhaitent réserver que 4 % des terres arables à la protection des espèces. En outre, le Parlement veut d’ores et déjà fixer la réduction des produits phytosanitaires. Les ministres préfèrent d'abord une évaluation d'impact à ce sujet.

