Cette limitation des importations alimentaires répond aux plaintes antérieures des agriculteurs européens, notamment concernant l’accord Mercosur avec quatre pays d’Amérique du Sud. L’année dernière, des exploitants agricoles dans toute l’Europe ont également protesté contre la pression croissante des réglementations climatiques et environnementales de l’UE.
De plus, ils se plaignent des normes sévères du Pacte vert que l’UE impose aux agriculteurs européens, mais qui ne sont pas appliquées ailleurs dans le monde. Selon eux, cela réduit leur compétitivité sur le marché mondial.
Bruxelles souhaite donc définir que les pesticides les plus dangereux, interdits dans l'UE, « ne doivent pas être introduits par des produits importés », selon un projet que Hansen publiera mercredi (« dans les 100 jours suivant sa prise de fonction »). Par cette mesure, Hansen répond aussi à la demande portée par la France d’une 'symétrie' dans les accords commerciaux.
Cependant, le projet de la Commission européenne pourrait provoquer la colère du président américain Trump, qui a accusé à plusieurs reprises l’UE de traitement injuste à l’égard des États-Unis.. Trump envisage d’imposer des droits d’importation aux partenaires commerciaux qu’il accuse de pratiques commerciales déloyales, mais il a fait marche arrière la semaine dernière concernant les sanctions contre le Canada et le Mexique.
La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a déclaré plus tôt ce mois-ci que l’UE ne cherche pas une guerre commerciale avec les Américains, mais qu’elle n’hésitera pas à prendre d’éventuelles contre-mesures.
La Commission indique qu’en matière d’importation de produits alimentaires contaminés chimiquement, elle souhaite éviter une interdiction générale et décider au cas par cas, en tenant compte des conditions du marché et du pays d’origine, selon un fonctionnaire européen. Cela crée un espace pour « pouvoir discuter avec Washington ».
La Commission prévoit de mener cette année une évaluation d’impact. Ce rapport analysera les effets de la décision sur la compétitivité de l’UE, y compris la conformité avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

