La forte hausse des prix du pétrole et les coûts plus élevés du carburant qui en découlent ont mis dans une position délicate non seulement le président américain Trump. Les prix de l'essence ont augmenté de 17 % la semaine dernière et ceux du diesel de 22 %, atteignant des niveaux qui n’avaient pas été observés depuis 2014.
Hongrie
En réaction à la hausse des prix du carburant, le gouvernement hongrois a annoncé un plafonnement des prix maximums pour l’essence et le diesel dans les stations-service. Cela jouera aussi un rôle dans la campagne électorale hongroise.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le Premier ministre Orbán a expliqué que, suite aux conséquences de la guerre contre l’Iran, « l’explosion des prix internationaux du pétrole a également atteint la Hongrie ». Il a ajouté que ces prix plafonds ne s’appliqueraient qu’aux véhicules portant des plaques d’immatriculation et des documents d’immatriculation hongrois. Afin de garantir un approvisionnement adéquat, la Hongrie libérerait également une partie de ses réserves de pétrole.
Promotion
Le gouvernement autoritaire d’Orbán fait actuellement face à un défi important de la part du parti de centre-droit Tisza lors des élections parlementaires du mois prochain. Selon les derniers sondages, le parti Fidesz d’Orbán devrait perdre ce scrutin et la Hongrie se doterait d’un gouvernement plus pro-européen.
Olpipeline
Orbán a appelé l’UE à lever les restrictions sur l’importation de gaz et de pétrole russes. Son gouvernement s’est opposé de manière constante ces dernières années aux efforts de l’UE visant à réduire l’importation d’énergie russe et, avec le pays voisin Slovaquie, a maintenu et même augmenté les livraisons de pétrole et de gaz russes depuis le début de la guerre russe contre l’Ukraine.
Les deux pays ont bénéficié d’une exemption temporaire à l’interdiction européenne et importaient le pétrole brut russe via le pipeline Druzhba, qui traverse l’Ukraine. Toutefois, les livraisons par ce pipeline ont été interrompues depuis le 27 janvier, ce qui a aggravé les tensions entre la Hongrie et l’Ukraine.
Le gouvernement ukrainien affirme qu’une attaque de drone russe a endommagé l’infrastructure du pipeline, tandis qu’Orbán accuse le président ukrainien Zelensky de ralentir délibérément les livraisons. En réaction, Orbán a bloqué une nouvelle série de sanctions européennes contre la Russie et a retenu un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine jusqu’à la reprise de l’approvisionnement en pétrole.
Élections
À un mois des élections et en retard dans les sondages, Orbán a accusé Zelensky de vouloir créer une crise énergétique en Hongrie pour influencer le résultat électoral. Cette allégation fait partie de la vaste campagne anti-Ukraine menée par son gouvernement dans les médias en vue du scrutin du 12 avril.
Les tensions ont encore augmenté lorsque la Hongrie a récemment arrêté sept employés d’une banque d’État ukrainienne. Deux véhicules blindés transportant des dizaines de millions d’euros en liquidités et en or ont été saisis, suspectés de blanchiment d’argent. L’Ukraine a maintenu que ces transferts d’argent faisaient partie de transactions régulières entre banques publiques et a vigoureusement nié les accusations de blanchiment.

