Le ministre français de l'Agriculture Didier Guillaume a une nouvelle fois demandé à la Commission européenne une aide de l'UE pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire. Selon lui, les secteurs du lait, de la viande ainsi que des fruits et légumes ne peuvent plus attendre.
Les appels des pays de l’UE et des organisations agricoles faîtières à Bruxelles se font de plus en plus pressants. Les mécanismes européens de soutien en cas de catastrophe ne sont toujours pas opérationnels. La crise du coronavirus a fragilisé certains secteurs qui ont du mal à écouler leurs stocks en raison de la fermeture des commerces alimentaires, de la restauration mais aussi des marchés en plein air, comme en France. Dans d’autres pays, les marchés ne sont pas interdits.
Dans un entretien hier avec le commissaire européen à l’agriculture Janusz Wojciechowski, le ministre français a rappelé la demande « de plusieurs États membres pour lancer rapidement le stockage privé dans les secteurs du lait et de la viande ovine », ainsi que pour la viande de chèvre et de veau, rapporte la version francophone d’Euractiv. Des discussions ont aussi eu lieu concernant les demandes de soutien pour les filières horticole et viticole.
Le commissaire européen Wojciechowski participera aujourd’hui à Bruxelles à une réunion extraordinaire des commissions agricoles du Parlement européen, consacrée notamment aux mesures de soutien aux différents secteurs agricoles. Un exercice au cours duquel Janusz Wojciechowski devra clarifier sa position sur les différentes demandes.
Selon une annonce de l’UE, le débat se concentrera sur les mesures jusqu’ici proposées par la Commission européenne, dont des prêts ou garanties à des conditions favorables pour couvrir les coûts opérationnels jusqu’à 200 000 euros par exploitation agricole, ainsi que la réaffectation de fonds agricoles inutilisés pour lutter contre les conséquences de la crise COVID-19 en zones rurales.
La Commission a également proposé de réduire le nombre de contrôles physiques à la ferme et d’augmenter à partir de la mi-octobre les acomptes des paiements directs et des paiements pour le développement rural. Les parlementaires européens interrogeront le commissaire Wojciechowski sur la manière dont il envisage de garantir aux agriculteurs un accès transfrontalier à tous les moyens de production nécessaires, y compris les aliments pour animaux et les produits phytosanitaires, ainsi que sur la manière dont il prévoit d’assurer une forme de mobilité transfrontalière des travailleurs saisonniers pendant la campagne de récolte en cours.
Le problème pour le commissaire à l’Agriculture est que plusieurs gouvernements de l’UE souhaitent des mesures différentes, notamment en fonction des branches agricoles dominantes dans leur pays. De plus, les pays de l’UE peuvent prendre eux-mêmes de nombreuses mesures, mais doivent alors aussi en assumer le financement.
Les conseils ministériels de l’UE ont élaboré ces dernières semaines, en concertation avec la Commission européenne, un plan d’aide de plusieurs centaines de milliards d’euros. Dans deux semaines, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE doivent donner leur accord lors d’une vidéoconférence extraordinaire. Après une présentation des plans par le commissaire à l’Agriculture, une discussion suivra par liaison vidéo avec les eurodéputés de la commission AGRI. Il est possible que soit également abordée la question de savoir s’il faut mettre en place des procédures d’urgence pour le versement des subventions de la PAC pour l’année prochaine, au cas où la décision officielle cette année sur la nouvelle PAC et le cadre financier pluriannuel venait à subir davantage de retard.

