Les dirigeants européens insistent pour une enquête à l’échelle de l’UE sur les causes de la forte hausse des prix de l’énergie. Plusieurs pays d’Europe du Sud membres de l’UE réclament déjà des subventions européennes contre la poursuite de la montée des prix du gaz et de l’électricité.
L’eurodéputé néerlandais Bert-Jan Ruissen plaide pour un report des nouvelles taxes européennes sur la pollution et pour la construction de nouvelles centrales nucléaires.
Le prix du gaz bat actuellement record sur record, mais ce dépassement est plus marqué dans certains pays que dans d’autres. Les entreprises supportent aussi les coûts énergétiques croissants. Cela menace sérieusement la reprise économique après la pandémie.
Lors d’une réunion informelle des dirigeants de l’UE à Kranj en Slovénie, le sujet était en bonne place à l’ordre du jour. « Il faut d’abord voir ce que les pays peuvent faire par eux-mêmes », a déclaré le Premier ministre démissionnaire Rutte. « Peut-être pourra-t-on ensuite traiter certains aspects au niveau européen. »
Plusieurs pays de l’UE ont déjà pris des mesures pour freiner la hausse des prix, comme les Pays-Bas qui ont baissé les taxes. La France va plus loin en gelant les prix du gaz et de l’électricité. En Espagne, les habitants paient trois fois plus cher l’électricité qu’il y a six mois, et l’hiver n’est pas encore arrivé.
La Chambre des représentants néerlandaise a dégagé 375 millions d’euros pour maintenir le prix de l’électricité abordable aux Pays-Bas. L’Espagne baisse la TVA et oblige les compagnies énergétiques à réduire leurs tarifs jusqu’à ne plus réaliser de bénéfices. Pour Madrid, prolonger la fermeture des cinq centrales nucléaires espagnoles reste inenvisageable.
L’eurodéputé néerlandais Bert-Jan Ruissen (SGP) a souligné hier soir lors d’un débat au Parlement européen à Strasbourg l’impact des nouvelles taxes environnementales sur les prix de l’énergie.
« Il faut se méfier des mesures de l’UE qui augmenteraient encore les prix, comme les taxes CO2. Ce n’est pas le bon moment », a-t-il déclaré. « Au lieu d’exigences et de taxes supplémentaires, nous voulons plus de sources d’énergie. L’UE ne doit plus exclure les nouvelles centrales nucléaires ! »
Lors du débat énergétique, le groupe ECR de Ruissen s’est plaint hier que la politique européenne ne fasse nulle part mention de l’énergie nucléaire. « En tant que SGP, nous attachons de l’importance à la gestion responsable. C’est pourquoi il est essentiel de ne pas exclure certaines technologies lors de la transition énergétique. Le nucléaire peut nous aider à devenir plus durables tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement. »
Ruissen plaide pour que l’UE donne aux Pays-Bas et aux autres pays membres la liberté de définir leur propre transition énergétique. « Chaque pays sait mieux quelles technologies et options lui conviennent. Il n’est donc pas nécessaire d’imposer des diktats stricts depuis Bruxelles sur ce point, mais il faut laisser aux pays la marge de manœuvre pour faire leurs choix eux-mêmes. »
Mercredi, les membres du Parlement européen discuteront avec la commissaire Simson et la présidence slovène des mesures possibles pour atténuer les effets de la hausse des prix de l’énergie sur les consommateurs et les entreprises. Le rôle de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, ainsi que la nécessité de lutter contre la précarité énergétique, sont parmi les sujets qui devraient être abordés lors du débat.

