En Allemagne, une nouvelle étape débute aujourd’hui dans cette « superannée électorale » qui va profondément transformer la politique allemande. Dimanche, les deux Länder Baden-Württemberg et Rhénanie-Palatinat tiennent des élections régionales, suivies en juillet par la Saxe-Anhalt.
Ces trois scrutins régionaux sont une avant-première des importantes élections nationales de septembre pour un nouveau Bundestag, qui se tiendront en même temps que trois autres élections des Länder à Berlin, en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et en Thuringe. Un nouveau Bundestag qui devra également choisir un nouveau chancelier fédéral, successeur d’Angela Merkel.
Ces élections sont marquées par la question de savoir si le parti CDU de Merkel pourra conserver son rôle de « maître du jeu » après le récent scandale des masques anti-coronavirus. Deux dirigeants du CDU avaient obtenu pour eux-mêmes des primes lors de l’achat (public) de millions de masques. Ils ont désormais été démis de leurs fonctions ou ont démissionné. Cela a affaibli la position du chef du parti CDU, Armin Laschet (susceptible de succéder à Merkel).
Par ailleurs, les sondages montrent clairement qu’au Bade-Wurtemberg, les Verts devraient sortir grands gagnants des urnes. Ce parti y dirige déjà le Land depuis plusieurs années et a acquis une solide réputation de formation fiable au gouvernement.
Depuis les élections européennes de 2019, les Verts et la CDU se disputent la première place dans les préférences des électeurs en Allemagne, surtout depuis que la menace climatique est devenue une préoccupation majeure chez la plupart des Allemands. Comme les Libéraux, la gauche radicale ainsi que l’extrême droite de l’AfD disposent également d’une position forte au Parlement, la situation se profile dans un nombre croissant de Länder (ainsi qu’au Bundestag !) où une coalition sans la CDU pourrait être formée.
Lorsque les bureaux de vote fermeront dimanche à 18h00 au Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat, l’enjeu sera crucial. Dans les sondages, les Verts apparaissent comme la plus grande faction parlementaire avec 33 %, nettement devant la CDU qui n’atteint que 25 %. Selon les dernières projections, une alliance entre les Verts, le SPD et le FDP disposerait également d’une majorité relativement large.
L’importance dépassant le cadre régional d’une telle « coalition feu tricolore » (rouge=SPD, jaune=FDP, Verts) au Bade-Wurtemberg réside dans le signal donné aux élections fédérales : si des coalitions régionales sans la CDU sont possibles, cela pourrait également être le cas à l’échelle nationale en septembre. Une alliance gouvernementale sans la gauche SPD, réunissant CDU, FDP et Verts (une « coalition Jamaïque »), serait par ailleurs aussi une possibilité.

