Les chefs de gouvernement européens ont félicité, lors du sommet de l'UE à Bruxelles, leur homologue le Premier ministre Boris Johnson et son Parti conservateur pour les résultats des élections parlementaires britanniques. Selon leur déclaration finale, l'UE est prête à entrer dans la prochaine phase du retrait du Royaume-Uni de l'UE. Ils ont donné mandat au négociateur Michel Barnier pour entamer désormais des négociations avec Londres sur les modalités du départ.
À présent, l'Union européenne se prépare pour la phase suivante du Brexit : les négociations sur un accord bilatéral (commercial) qui doivent être conclues d’ici fin 2020. Ce calendrier est particulièrement exigeant. Nous devrons travailler aussi rapidement que possible, a déclaré la présidente de la Commission von der Leyen.
Le président français Emmanuel Macron souhaite que des progrès rapides soient réalisés dans le règlement du dossier Brexit. Les Britanniques quitteront l’UE dans un mois et demi et il est pratiquement certain que le Parlement britannique ne demandera pas de nouveau report. Westminster dispose donc de très peu de temps pour adopter la législation nécessaire. Cela mettra fin à l’adhésion britannique à l’UE le 31 décembre 2020, comme prévu dans le traité de sortie.
Les négociations sur une nouvelle relation entre Britanniques et UE commenceront en février. Ces négociations s’annoncent très difficiles. Selon le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le dossier Brexit est loin d’être clos et nous n’en sommes qu’à la moitié. La présidente von der Leyen a rappelé qu’un « terrain de jeu équitable » est d’une importance capitale, pour éviter que Britanniques et Européens ne se livrent à une concurrence déloyale. Mais l’accord devra porter sur bien plus que le commerce. Il concernera aussi l’éducation, la pêche… et bien d’autres sujets, a-t-elle indiqué.
Dans les commentaires des médias britanniques – maintenant que Johnson bénéficie d’une majorité très large à la Chambre des communes – on envisage déjà une possible nouvelle forme de report : non plus sur Brexit, mais sur un nouvel accord commercial. L’UE a déjà indiqué qu’un nouvel accord ne pourra pas être conclu en moins d’un an, à moins que les Britanniques ne souhaitent en grande partie poursuivre les accords existants.
Entre-temps, les règles commerciales de l’UE continuent de s’appliquer, mais les Britanniques ne peuvent plus participer aux votes sur la nouvelle législation européenne. La période de transition est utilisée pour négocier une nouvelle relation économique. Cette période de transition peut être prolongée, mais cela doit être réglé au plus tard dans les prochains mois. Elle peut être repoussée d’un ou deux ans si Londres en fait la demande avant le 1er juillet.

