Dans les plans pluriannuels divulgués, il n’est plus question d’une taxe spécifique sur les services numériques, malgré des annonces antérieures dans le cadre de la Digital Services Act (DSA). Cette législation visait précisément à soumettre les plateformes numériques telles que Facebook, Google et X à des règles européennes plus strictes.
La Commission européenne souhaite désormais se concentrer sur de nouvelles formes de taxation des bénéfices des entreprises de manière plus large. Cela inclut notamment un impôt ajusté sur les bénéfices des grandes entreprises internationales, mais sans cibler explicitement les entreprises technologiques.
Les nouvelles propositions font partie de la recherche de nouvelles ressources européennes afin de rembourser la dette commune contractée dans le cadre de la crise sanitaire. Le nouveau paquet MFF sera présenté la semaine prochaine. Des sources à Bruxelles indiquent que les plans peuvent encore être modifiés jusqu’au dernier moment.
Ce changement de cap intervient alors que le président américain Donald Trump s’est de nouveau fermement opposé aux mesures européennes qu’il estime défavorables aux entreprises technologiques américaines. Il a vivement critiqué les règles européennes de la DSA, accusant l’UE de censure et d’ingérence politique.
Parallèlement, de nouveaux droits de douane américains sur les produits européens sont imminents. Trump a annoncé qu’il souhaitait imposer à partir du mois prochain des tarifs d’importation de 30 % sur les produits de l’UE et du Mexique, et de 35 % sur ceux du Canada. Dans ce contexte, la Commission européenne semble adopter une position prudente dans sa politique financière et commerciale vis-à-vis des États-Unis.
Bien que la Digital Services Act reste en vigueur et oblige les grandes entreprises technologiques à plus de transparence et d’autres obligations, l’élément fiscal envisagé auparavant est absent des plans budgétaires MFF. Cela semble indiquer un affaiblissement des ambitions initiales visant à assujettir financièrement les Big Tech.
La suppression d’une taxe numérique séparée signifie également que d’autres sources de revenus prendront plus d’importance. La Commission européenne examine notamment des contributions issues du commerce des émissions, des droits de douane sur le CO₂ et des ajustements aux accords existants de TVA entre les pays de l’UE, en particulier sur le tabac. Ensemble, ces mesures doivent assurer un financement structurel pour les dépenses futures de l’UE.
La proposition de la Commission n’est pas définitive et fera l’objet d’un débat politique dans les mois à venir entre les États membres de l’UE et le Parlement européen. Les pays qui plaident depuis longtemps pour une taxation forte des grandes entreprises technologiques pourraient s’opposer à l’abandon de cette taxe.

