Les principaux obstacles concernent les plans de développement et de construction d’un nouvel avion de chasse européen, futur successeur de l’Eurofighter. La France estime que le nouvel appareil doit être conçu de manière à pouvoir également larguer des bombes nucléaires (françaises). Ceci en vue d’une éventuelle future Force de défense européenne, plus autonome vis-à-vis des États-Unis, voire en dehors de l’OTAN.
L’Allemagne considère qu’une telle mise à niveau radicale du projet commun est superflue, prématurée et beaucoup trop coûteuse, tel est le (déguisé) reproche venu de Berlin. De plus, les commissaires européens ne sont pas encore d’accord pour dire si le matériel militaire futur doit être exclusivement construit et acquis dans les pays de l’UE, ou également dans des pays « amis » non membres de l’UE comme le Royaume-Uni, la Norvège ou l’Australie.
Les États-Unis ont déjà déclaré s’attendre à ce que les pays de l’UE continuent principalement d’acheter leurs armes aux États-Unis.
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Industrie automobile
Par ailleurs, au sein des pays de l’UE, il existe encore des divergences d’opinions quant à l’avenir de l’industrie automobile. L’industrie allemande souhaite maintenir les moteurs à essence (polluants), tandis que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, plaide ouvertement pour que les constructeurs automobiles européens développent ensemble une petite voiture électrique urbaine.
La division suit des lignes claires. Un groupe de pays de l’UE soutient des règles strictes de « achat européen » pour protéger l’industrie locale. D’autres pays avertissent que de telles mesures pourraient freiner les investissements et augmenter les coûts.
Entre la Chine et les États-Unis
Le débat ne se limite pas à lui-même. La politique industrielle et de défense est explicitement liée à une stratégie plus large destinée à renforcer la compétitivité européenne dans le commerce mondial face aux États-Unis et à la Chine.
Par ailleurs, des divergences subsistent sur le développement du matériel militaire futur. Les États membres ont des avis divergents sur les exigences que doivent remplir les nouveaux systèmes et sur l’orientation des projets communs.
Retards
Il existe aussi des tensions au sein même de la Commission européenne. Les commissaires ne s’accordent pas sur l’étendue des propositions ni sur le degré auquel une préférence européenne doit être inscrite dans les lois et règlements. Des consultations supplémentaires doivent aider à trouver des compromis sur la portée géographique et la mise en œuvre pratique des plans.
Entre-temps, le renforcement de l’industrie de défense européenne est présenté comme nécessaire pour réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis. Le secteur est en cours d’expansion, mais des dépendances subsistent. Les parties prenantes reconnaissent en même temps que l’Europe accuse encore du retard dans certains domaines.

