La commissaire aux affaires étrangères Kallas avait annoncé le nouveau groupe consultatif lors d’une réunion informelle des ministres européens en Irlande. Le projet consistait à réunir des experts politiques et militaires éminents pour développer de nouvelles idées visant à combler plus rapidement et efficacement les lacunes dans la défense européenne.
Pas pour le moment
Ce groupe n’aurait pas impliqué uniquement des experts des pays de l’UE. Des participants ou représentants du Royaume-Uni et de l’Ukraine étaient également prévus. Le groupe consultatif n’aurait pas pris de décisions lui-même. Les compétences seraient restées aux pays de l’UE, tandis que les experts proposeraient idées et recommandations.
Mais plusieurs pays de l’UE ont exprimé des objections. L’Allemagne et l’Italie faisaient partie des pays opposés à cette initiative. Après consultation avec les responsables de l’UE, Kallas a retiré sa proposition. La déclaration officielle a indiqué que plusieurs gouvernements estimaient que cette approche n’était pas la bonne pour le moment.
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Plan franco-allemand
Le conflit autour du groupe consultatif intervient alors que Kallas est également sous pression concernant l’avenir du Service européen pour l’action extérieure (SEAE). La France et l’Allemagne souhaitent une réforme profonde. Les missions, le personnel ou les compétences du service diplomatique pourraient être partiellement transférés à des départements existants de la Commission européenne.
Lutte de pouvoir
Cela a également relancé le débat sur la répartition des pouvoirs au sein de l’UE. Les opposants à la réforme franco-allemande craignent que la Commission européenne ne gagne plus d’influence sur la politique étrangère. Dans les faits, cela pourrait aussi renforcer la position de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, par rapport à Kallas.
Kallas s’oppose à une modification fondamentale de la structure actuelle. Selon elle, il existe un large soutien pour l’organisation institutionnelle existante. Elle met en avant les problèmes liés à la prise de décision actuelle de l’UE et estime qu’ils doivent être résolus plutôt que de procéder à une réorganisation radicale du service diplomatique.
Travail en double
Les partisans de la réforme souhaitent au contraire réduire le travail en double entre le service diplomatique et la Commission. Le travail diplomatique pourrait être davantage lié aux domaines politiques dont la Commission est déjà responsable, notamment le commerce et l’aide extérieure. Cela permettrait de limiter la fragmentation des tâches.
Le service diplomatique du SEAE a justement été créé en 2001 (après les attentats contre les tours jumelles à New York) pour garantir une collaboration plus étroite entre les Affaires étrangères, la Défense et la Coopération internationale au sein de l’UE, évitant que plusieurs différents commissaires et ministres de l’UE ne gèrent ces dossiers séparément.
Réduire les dépenses
L’argent joue aussi un rôle. Le SEAE coûte environ un milliard d’euros par an, tandis que les pays de l’UE insistent simultanément sur la réduction des dépenses dans le futur budget européen. Deux discussions se chevauchent ainsi : comment organiser plus efficacement la politique étrangère européenne et combien de fonds doivent être alloués à cette fin.

