La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, affirment leur soutien résolu à la CPI, à sa présidente Tomoko Akane et aux autres membres du personnel. Selon eux, les juges et fonctionnaires doivent pouvoir travailler de manière indépendante et sans pression extérieure. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a également rejeté les sanctions américaines.
Plusieurs gouvernements européens ont également réagi. L'Allemagne affirme que la CPI remplit sa mission en appelant les suspects des crimes les plus graves à rendre des comptes. La France et l'Espagne ont aussi exprimé leur soutien à la cour et se sont opposées à la pression américaine exercée sur ses collaborateurs.
Les Pays-Bas
En tant que pays hôte de la CPI, les Pays-Bas occupent une position particulière. Le ministre des Affaires étrangères, Tom Berendsen, dénonce les sanctions et souligne que les tribunaux internationaux doivent pouvoir exercer leur travail librement. Il a invité Tomoko Akane à un entretien à La Haye pour discuter du soutien néerlandais futur à la cour.
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Les nouvelles sanctions américaines du 18 août ciblent Akane, la présidente japonaise de la CPI, ainsi qu'Abdoulaye Seye du Sénégal, un haut juriste du bureau du procureur. Seye a été impliqué dans l'enquête sur des crimes présumés liés aux opérations militaires israéliennes à Gaza.
Les Américains
Ces mesures constituent une nouvelle étape dans un long offensive américaine contre la Cour pénale. À ce jour, neuf des dix-huit juges de la CPI sont soumis à des sanctions américaines. Des procureurs et d'autres collaborateurs ont aussi été visés. Ces sanctions peuvent geler leurs avoirs aux États-Unis et empêcher toute transaction avec des personnes ou entreprises américaines.
L'administration Trump contestait principalement le droit de la CPI à poursuivre des personnes originaires de pays n'ayant pas reconnu son autorité. Les États-Unis et Israël ne sont pas membres. Toutefois, la CPI affirme qu'elle est compétente pour enquêter sur des crimes présumés sur le territoire palestinien car la Palestine a accepté sa juridiction.
Gaza
La confrontation s'est intensifiée après que la CPI a émis des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Netanyahu nie les accusations et s'est félicité des nouvelles mesures américaines. Le ministre Marco Rubio souhaite réduire davantage les prérogatives de la CPI vis-à-vis des Américains et autres ressortissants de pays non membres.
Statut
La CPI qualifie ces sanctions d'attaque contre son indépendance et avertit que la pression exercée sur les juges et procureurs affecte aussi l'ordre juridique international. L'organisation juridique Al-Haq estime que les réactions européennes sont insuffisantes et appelle l'UE à utiliser son règlement de blocage pour protéger la CPI des sanctions américaines.
Selon Al-Haq, cela nécessiterait une modification de l'annexe de ce règlement européen afin que la décision américaine à la base de ces sanctions y soit intégrée. L'organisation considère également que les Pays-Bas, en tant que pays hôte, devraient aller au-delà de la simple condamnation et prendre des mesures concrètes pour protéger la cour et ses membres.

