Avec le soutien des groupes conservateurs et d’extrême droite au Parlement européen, Dirk Gotink (NSC) et Sander Smit (BBB) accusent des organisations environnementales d’utiliser les subventions européennes pour faire la promotion du Green Deal. Ces organisations estiment que ces accusations sont infondées et motivées politiquement.
Les groupes de défense des droits humains et de l’environnement expriment leurs inquiétudes dans une lettre commune. Ils affirment que les attaques de Gotink et Smit s’inscrivent dans une campagne plus large visant à discréditer leur travail. Selon eux, ils sont ciblés en raison de leur engagement en faveur de l’environnement et des valeurs démocratiques au sein de l’UE.
Le groupe du PPE, de tendance démocrate-chrétienne, affirme que les organisations environnementales mènent des campagnes politiques avec l’argent européen. Ils dénoncent particulièrement le soutien à des projets qui promeuvent le Green Deal, le programme européen pour la durabilité notamment dans le domaine agricole. Les groupes conservateurs et d’extrême droite à Strasbourg estiment que cela équivaut à une influence partisane.
Un haut fonctionnaire de la Commission européenne a récemment reconnu qu’à une occasion une organisation environnementale avait utilisé une subvention européenne pour une action contre une politique de l’UE. Les eurodéputés du PPE ont interprété cela comme une « reconnaissance » d’une fraude aux subventions. La Cour des comptes européenne a rappelé récemment que ce type de financement en soi n’est pas illégal.
Au Parlement européen, il n’y a finalement pas eu suffisamment de soutien pour une enquête officielle sur les subventions du programme LIFE. Cependant, la Cour des comptes européenne affirme dans une nouvelle étude que l’attribution et le contrôle des subventions aux ONG par la Commission européenne manquent encore de transparence. Elle signale également que certains commissaires n’ont pas correctement rendu publiques certaines activités subventionnées.
L’eurodéputé néerlandais Mohamed Chahim (PvdA) et Bas Eickhout (GroenLinks) ont déjà critiqué le silence des détracteurs sur le rôle beaucoup plus important du lobbying des entreprises (agricoles). Gerben-Jan Gerbrandy de D66 est également critique à l’égard de cette chasse aux sorcières contre les organisations environnementales et de protection de la nature.
« Les accusations portées contre les organisations de protection de la nature sont définitivement du vent. S’il y a une quelconque influence indue, elle vient des acteurs commerciaux qui se présentent comme des organisations de la société civile. Par exemple, les grands lobbies agricoles qui ont également des politiciens sur leur liste de paie », affirme Gerbrandy. Dans une étude publiée lundi, la Cour des comptes européenne remet en question le statut d’ONG de ces grandes organisations de lobbying qui défendent avant tout leurs intérêts commerciaux.
La Cour des comptes appelle à de meilleures définitions. Cela pourrait signifier que certaines organisations agricoles ne seraient plus qualifiées d’organisations de la société civile. Le député néerlandais du SGP Bert-Jan Ruissen a souligné en réaction au rapport que la Commission « mène à peine des enquêtes sur les personnes ou les puissances étrangères derrière une ONG ».
La Commission européenne nie qu’il y ait un usage systématique abusif des règles de subvention pour les associations de protection de la nature. Une enquête du bureau d’information Politico, généralement bien informé, confirme cette position. Politico a analysé des dizaines de dossiers de subvention et n’a trouvé aucune preuve que ces organisations utilisent les fonds pour des campagnes partisanes ou des pratiques de lobbying interdites.
Dans leur déclaration conjointe, ces organisations affirment que les tentatives de les faire taire constituent une menace pour la société civile en Europe. Elles appellent les institutions européennes à continuer de soutenir leur rôle.

