Quelques dizaines de parlementaires exhortent la nouvelle Commission européenne à faire de l'introduction d'une loi européenne contre les violations des droits de l'homme l'une des priorités de la nouvelle politique étrangère. Ils qualifient de « grosse erreur » le fait que la nouvelle Commission n'ait pas encore inscrit la soi-disant loi Magnitsky sur la liste des priorités pour les prochaines années.
L'appel a été signé par des membres du Parlement européen ainsi que par des politiques nationaux de pays tels que la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. La loi porte le nom du comptable russe Sergueï Magnitsky. En 2009, il est décédé dans des circonstances suspectes dans une cellule de prison à Moscou. Magnitsky aurait découvert une fraude fiscale impliquant de hauts fonctionnaires et politiques russes.
Parmi les pays disposant déjà d'une loi Magnitsky figurent notamment les États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne. Une telle loi permet d'imposer des sanctions contre des personnes et entreprises russes, comme le gel des avoirs bancaires et l'instauration d'interdictions de visa.
Le parlement néerlandais a récemment appelé le cabinet du Premier ministre Rutte à adopter une telle loi Magnitsky également aux Pays-Bas si elle ne réussissait pas au niveau européen. C’est pourquoi les Pays-Bas ont présenté plus tôt cette année une proposition à l’UE visant à pouvoir agir contre des hommes d’affaires et des hommes politiques étrangers, non seulement pour des violations des droits de l’homme mais aussi pour des fraudes financières et économiques ainsi que d’autres crimes. Cette proposition néerlandaise adopte donc une approche plus large et générale que la loi Magnitsky, car elle ne vise plus uniquement des suspects russes.
Un des obstacles et objections de certains pays de l’UE porte justement sur cette référence à Magnitsky dans la loi. Le lien avec la mort du comptable russe pourrait donner l’impression que la loi vise la Russie, alors que l’objectif est d’aborder les violations des droits de l’homme dans le monde entier. Les Pays-Bas ne parlent donc pas de loi Magnitsky, mais d’un régime de sanctions européen.
Lors de la discussion de cette proposition néerlandaise plus tôt cette année, un large soutien s’est manifesté, mais aucune décision finale n’a été prise. Comme il revient aujourd’hui à la nouvelle Commission européenne de finaliser le traitement, on supposait que la Commission Von der Leyen l’intégrerait dans la nouvelle politique étrangère contre les auteurs de violations des droits humains. Les deux nouveaux dirigeants européens, le président de l'UE Michel et la présidente de la Commission Von der Leyen, ont tous deux déclaré vouloir une UE plus consciente d'elle-même et plus active sur la scène mondiale.

