| Les négociations d'adhésion de l'Albanie ne seront pas achevées avant 2027 au plus tôt. Mais pour y parvenir, il reste encore beaucoup à faire. Lutter contre la corruption et la criminalité organisée doit être une priorité, selon le rapport du Parlement européen. Tirana doit également veiller à un paysage médiatique plus fort et plus pluraliste. Le rapport souligne la polarisation politique albanaise – dans laquelle la rhétorique conflictuelle est fréquente – et appelle à un dialogue politique plus inclusif et constructif. De plus, l'Albanie est encouragée à garantir l'indépendance de la justice. Les droits fondamentaux des citoyens doivent également être protégés. La Macédoine du Nord doit aussi agir plus activement contre la corruption, mettre en œuvre des réformes et combattre la criminalité organisée pour pouvoir devenir membre de l'UE. Compte tenu de la corruption à un niveau élevé et de la faible confiance du public dans la justice, le Parlement européen appelle à une indépendance plus forte de la justice, à plus de responsabilité ainsi qu'à une supervision et des contrôles suffisants. La Bosnie-Herzégovine souhaite également rejoindre l'UE, mais elle est confrontée à de fortes divisions internes. Le Parlement européen soutient la décision des États membres de l’UE d’engager des négociations avec ce pays, en particulier compte tenu de la situation géopolitique due à la guerre en Ukraine. Le pays abrite une petite mais active communauté serbe pro-russe. Pour pouvoir finalement adhérer, la Bosnie-Herzégovine ne doit cependant pas se désintégrer. C’est en partie pour cette raison que les eurodéputés condamnent la politique séparatiste du politicien Milorad Dodik et de la direction de la Republika Srpska, entité orientée serbe. Cette politique divise et provoque de l’instabilité. L’UE doit agir avec fermeté à ce sujet, y compris en imposant des sanctions, selon le Parlement. L’eurodéputée néerlandaise Tineke Strik (GroenLinks) qualifie de « historique » une éventuelle adhésion de l’Albanie en 2027. « Bien sûr, des améliorations sont encore nécessaires dans le domaine de l’État de droit, des libertés fondamentales, de la liberté de la presse et de la lutte contre la corruption. Mais j’ai confiance que le gouvernement albanais pourra réaliser ces priorités à temps. » Concernant la Bosnie, la communauté internationale doit aider ce pays, selon Strik. « L’UE surtout doit agir pour aider ce pays à surmonter les divisions, afin que la Bosnie puisse s’épanouir en tant que démocratie inclusive et véritable, et bien sûr en tant qu’État membre de l’UE. » L’eurodéputé PvdA et rapporteur fantôme Thijs Reuten a déclaré qu’il y avait une frustration en Macédoine du Nord concernant le processus de négociation, et qu’il en comprenait les raisons. « Nous appelons le Conseil européen à garantir un parcours crédible, sans nouvelles conditions pour l’étape suivante du processus d’adhésion. » |
Le Parlement européen pose des conditions à l'adhésion des pays des Balkans à l'UE
L'Albanie, la Macédoine du Nord et la Bosnie-Herzégovine ne pourront devenir membres de l'UE que si elles mettent effectivement en œuvre les réformes souhaitées par Bruxelles. Il ne s'agit pas seulement de lutter contre la corruption et la criminalité, mais aussi de renforcer l'État de droit démocratique. Le Parlement européen a adopté mercredi trois rapports de progrès sur ces trois pays des Balkans.

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