La Commission européenne présentera le 16 juillet sa proposition pour le cadre financier pluriannuel de l’UE après 2027. Selon plusieurs sources, la structure actuelle du financement agricole sera profondément réformée.
Par exemple, le fonds pour le développement rural serait fusionné avec les fonds structurels pour le développement régional. Les ressources restantes seraient regroupées en totaux plus larges de subventions nationales.
Bruxelles affirme qu’une révision financière radicale est nécessaire dans l’UE. Tout d’abord, les pays de l’UE veulent considérablement augmenter leurs dépenses de défense dans les années à venir, face à la menace militaire accrue russe. De plus, ils souhaitent renforcer leur position économique face aux pratiques commerciales croissantes des États-Unis et de la Chine.
Dans les documents publiés à ce jour, aucune mention n’est faite d’une proposition pour la Politique Agricole Commune (PAC). Cela renforce, selon le député européen néerlandais Bert-Jan Ruissen (SGP), les signaux que la politique agricole pourrait être intégrée dans des « plans nationaux et régionaux de partenariat » plus larges.
Cela pourrait entraîner selon les critiques de graves déséquilibres. Quatorze pays, comprenant à la fois des pays d’Europe du Nord et du Sud, ont donc formulé ensemble une objection. Ils avertissent que la suppression des fonds existants de l’UE accroîtra les inégalités entre les régions et mettra sous pression le soutien essentiel au secteur agricole.
« Avec les plans visant à supprimer le budget agricole, la Commission européenne laisse les agriculteurs pour compte », déclare Bert-Jan Ruissen. Il réagit ainsi aux signaux de la Commission européenne qui envisage, dans le nouveau cadre financier pluriannuel (CFP), d’abolir le budget agricole en tant que tel et de l’intégrer dans un « fonds unique » national, que les États membres pourraient utiliser pour diverses finalités.
Le plan de la Commission prévoit que les États membres reçoivent un montant de subvention plus important par pays, regroupant agriculture, cohésion et d’autres domaines politiques. Cela supprime la liaison directe entre la politique européenne et le financement européen. La crainte est que l’agriculture devienne subordonnée à d’autres priorités nationales.
Bien que le soutien direct aux revenus des agriculteurs semble pour l’instant maintenu, il reste incertain que ce niveau soit durable à long terme. Les économies totales sur le budget agricole pourraient atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Le lundi 7 juillet, la commission de l’agriculture du Parlement européen tiendra une réunion extraordinaire sur ce sujet. Le jeudi matin 10 juillet, un débat plénier exceptionnel se tiendra sur l’avenir de la politique agricole commune après 2027. Le contenu de cette déclaration n’est pas encore connu à ce jour.

