Il s’agit d’une réforme du mécanisme dit de suspension des visas de l’UE. Ce mécanisme s'applique aux habitants de 61 pays qui peuvent voyager sans visa dans l’espace Schengen. Ils sont autorisés à venir pour un court séjour d’un maximum de quatre-vingt-dix jours dans une période de 180 jours. La Commission européenne pourra à nouveau imposer une obligation de visa en cas de « problèmes de sécurité ».
Les motifs existants pour voyager sans visa restent en vigueur, mais de nouveaux motifs de refus s’ajoutent. Il s’agit notamment de menaces hybrides (par exemple lorsque des pays hors UE utilisent des migrants pour exercer une influence sur l’UE).
Désormais, une attention accrue sera portée aux violations de la Charte des Nations unies, aux droits internationaux de l’homme ou au non-respect des décisions des tribunaux internationaux. Toutes ces additions visent à créer un effet dissuasif, selon le Parlement européen.
En outre, Bruxelles pourra désormais agir contre les citoyens de pays tiers qui ont obtenu un accès aux pays Schengen par un « détour », notamment parce qu’ils avaient acquis un « passeport doré » dans un pays de l’UE suite à d’importants investissements dans ce pays. C’est ainsi que de nombreux oligarques et criminels russes ont obtenu l’accès aux pays de l’UE via notamment Chypre et Malte.
Pour éviter que des pays tiers ne violent leurs accords, l’UE disposera de davantage de marge de manœuvre pour suspendre cette exemption pour des fonctionnaires gouvernementaux spécifiques susceptibles d’être responsables de violations des droits de l’homme ou d’autres infractions commises par un gouvernement.
Selon Malik Azmani, eurodéputé VVD néerlandais, la législation adoptée est nécessaire « pour réagir plus rapidement et plus efficacement en cas d’abus du voyage sans visa vers l’Union européenne ». Le monde change et nous devons suivre cette évolution.
Co-rapporteuse Tineke Strik (GroenLinks-PvdA) se montre critique à l'égard de cette nouvelle étape, mais aussi satisfaite. « Je suis heureuse que le Parlement européen ait réussi à intégrer une clause relative aux droits de l’homme, ce qui permettra à l’UE de suspendre les voyages sans visa des diplomates en cas de violations graves des droits humains internationaux ou du droit humanitaire. »

