Solsky a été élu député ukrainien en 2019 et nommé ministre de l’Agriculture en mars 2022, peu après l’invasion russe. Il a été largement salué pour avoir relancé les transports de céréales via la mer Noire et pour la rapide reprise des exportations agricoles ukrainiennes.
Au cours des vingt dernières années, après le démantèlement des structures soviétiques, de nombreuses propriétés étatiques ukrainiennes (et des terres agricoles fertiles !) sont passées entre les mains de plusieurs riches hommes d’affaires et oligarques. Âgé de 44 ans, Solsky possède plusieurs entreprises agricoles et fait partie des responsables ukrainiens les plus riches. Il est jusqu’à présent le plus haut ministre du gouvernement du président Zelensky cité comme suspect dans une affaire pénale.
La semaine dernière, les pays de l’UE et l’Ukraine ont conclu un accord sur la réforme de l’organisation étatique dans le secteur agricole et la privatisation de parties de l’économie publique. L’Ukraine a accepté 69 recommandations et 10 investissements. L’approbation du plan ouvre la voie au versement de plusieurs dizaines de milliards d’euros d’aides, décidées plus tôt cette année lors du sommet européen.
Ces fonds visent principalement à garantir la continuité du fonctionnement de l’État ukrainien dans la lutte contre l’occupation russe des régions du sud-est du pays. 17 milliards d’euros seront des aides non remboursables, tandis que 33 milliards seront des prêts à faible coût garantis par les pays de l’UE. L’accord conclu couvre la période jusqu’à 2027 et est totalement distinct des négociations d’adhésion engagées plus tôt cette année entre Bruxelles et l’Ukraine.
De plus, cette aide financière sera attribuée à condition que l’Ukraine continue de respecter des mécanismes démocratiques efficaces tels qu’un système parlementaire multipartite, l’État de droit, et garantisse les droits de l’homme.
Les changements convenus touchent quinze domaines, notamment l’énergie, l’agriculture, le transport, la transformation écologique et numérique, ainsi que les entreprises d’État et les finances publiques. Le soutien dépend aussi du maintien de l’indépendance judiciaire, du renforcement de la réforme de la fonction publique, de la lutte contre la corruption – en particulier à haut niveau – et le blanchiment d’argent.
Ce programme d’amélioration répond aux critiques et inquiétudes exprimées dans les pays de l’UE concernant le contrôle étatique défaillant et la possible corruption dans l’administration ukrainienne. Dans le secteur agricole, l’attention se porte sur la privatisation des anciennes coopératives agricoles et sur l’autorisation (toujours problématique) des investissements étrangers dans l’achat de terres agricoles. L’argent doit également servir à améliorer la justice et à créer un cadastre.

