La Commission européenne a créé une autorité européenne indépendante dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La nouvelle autorité devrait entrer en fonction en 2024.
Les Pays-Bas sont de fervents défenseurs d’une surveillance indépendante des flux financiers au niveau de l’UE, car le blanchiment d’argent criminel est un problème transfrontalier.
Le ministre des Finances sortant, Wopke Hoekstra, milite depuis longtemps pour une autorité européenne, avec plusieurs autres pays de l’UE, notamment la France et l’Allemagne. Actuellement, la surveillance de l’application de la législation anti-blanchiment est organisée au niveau national.
Le ministre Hoekstra avait déclaré précédemment être très préoccupé par l’infiltration "dans les hautes sphères" d’argent provenant notamment de la drogue et de la fraude. Selon lui, cela concerne aux Pays-Bas chaque année entre 15 et 20 milliards d’euros. Les criminels exploitent habilement les failles des législations existantes de l’UE.
Le lieu d’implantation de l’autorité de surveillance (abréviation anglaise : AMLA) reste à déterminer. L’AMLA disposera notamment du pouvoir d’infliger des amendes aux banques et entreprises qui enfreignent les règles destinées à prévenir les pratiques de blanchiment.
Ces dernières années, l’Europe a été secouée à plusieurs reprises par des scandales liés à des affaires de blanchiment impliquant surtout de grandes banques dans différents pays. Aux Pays-Bas, ING, Rabobank et ABN Amro ont écopé de lourdes amendes à cet égard.
Le député européen néerlandais du PvdA Paul Tang s’attend à une approche ferme de la Commission. « Les Pays-Bas sont la principale base européenne de sortie pour les trafiquants de drogue. Cela est en partie dû à une lutte franchement faible contre le blanchiment. Face aux barons de la drogue high-tech, les banques et les autorités répondent avec des pistolets à eau. »
Tang ajoute : « Les criminels ne respectent pas les frontières nationales. Pour la criminalité traditionnelle, il existe déjà une coopération internationale approfondie. Cependant, les criminels financiers échappent facilement aux mailles du filet en raison d’un manque de coopération européenne. Un EuroCop qui stimule cette collaboration et supervise les agents immobiliers, avocats et casinos est nécessaire pour lutter contre la criminalité liée à la drogue. »

