L’Espagne prévoit de proposer aux autres pays de l’UE la création d’un fonds de soutien contre le coronavirus de 1,5 billion d’euros. En particulier en Italie et en Espagne, des montants pour le fonds de relance européen dépassant un billion d’euros sont évoqués. Cet argent pourrait être utilisé à la fois pour les coûts médicaux à court terme, ainsi que pour la réparation des dommages économiques causés par la pandémie de coronavirus.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez présentera la proposition aujourd’hui lors d’un sommet européen extraordinaire. Le fonds coronavirus devrait être financé par les recettes de nouvelles obligations d’État « perpétuelles ». Ce sont des obligations sans durée déterminée où les pays ne paient chaque année que les intérêts. Dans ce cas, un fonds de reconstruction européen serait financé par des prêts que la Commission européenne émettrait, garantis par son budget. Cela serait alors comparable au régime européen de chômage, appelé fonds Juncker.
L’argent provenant de ce fonds de relance coronavirus serait considéré comme un transfert et ne constituerait pas une dette. Ces nouvelles obligations d’État perpétuelles pourraient remplacer les euro-obligations auparavant refusées par l’Allemagne et les Pays-Bas.
Le quatrième sommet virtuel de l’UE jeudi prochain ne devrait pas encore apporter de décision définitive concernant ce fonds de relance économique. Le président de l’UE Charles Michel propose que la Commission européenne analyse d’abord précisément les besoins, puis présente une proposition de révision du cadre financier pluriannuel.
Les sociaux-démocrates au Parlement européen ont appelé hier dans une lettre aux chefs de gouvernement à augmenter le plafond maximal des dépenses de l’UE de 1,2 à 2,0 pour cent du produit national brut collectif. Ils soulignent que la crise actuelle aura encore des effets pendant des années et ne peut être résolue avec les budgets actuels.
Le président de l’UE Michel souhaite que le fonds soit mis en place le plus rapidement possible, mais ce sommet extraordinaire ne produira pas un plan financier concret et verrouillé. Si les chefs d’État parviennent à un accord sur l’émission de cette obligation européenne, la Commission européenne sera chargée de réviser tous les plans existants et d’adapter profondément le cadre financier pluriannuel 2021-2027.
La Commission présentera la semaine prochaine une proposition ajustée pour le budget de l’UE, cela a déjà été annoncé. Michel appelle les Premiers ministres et chefs d’État à se réunir dans un « esprit d’unité et de solidarité ». Les ministres des finances ont déjà conclu un accord plus tôt ce mois-ci sur un paquet de 540 milliards d’euros pour atténuer les conséquences socio-économiques de la crise. Michel demande aux dirigeants de lui donner leur bénédiction afin que ce filet financier puisse être opérationnel dès le 1er juin.
La commission des affaires financières et monétaires du Parlement européen a exhorté hier les chefs d’État à débloquer davantage de fonds nouveaux pour le plan de relance. Ils considèrent que les propositions actuelles reposent principalement sur des prêts qui alourdiraient davantage la charge de la dette des pays les plus durement touchés par le coronavirus.

