À Strasbourg, le premier week-end prochain se tiendra la première réunion d'un panel citoyen chargé de formuler des avis sur le renouvellement de l'Union européenne. Ces Conférences sur l’Avenir doivent aboutir l'an prochain à une modernisation de l’UE.
La « modernisation » figure non seulement sur la liste de souhaits de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, mais aussi de nombreux pays de l'UE. Les eurodéputés réclament depuis de nombreuses années divers ajustements. De plus, après le départ douloureux des Britanniques de l'UE, les dirigeants européens doivent forcément agir…
Dans les prochains mois, des réunions des panels citoyens auront lieu, tant en présentiel qu'en ligne, suivies de quatre réunions d’experts dans des villes européennes, portant sur quatre domaines politiques différents de l’UE.
Les premières sessions des quatre panels se tiendront au Parlement à Strasbourg. Leurs recommandations sont vues par certains comme une « contribution du public » ou « la voix du peuple », bien que des critiques les qualifient de « planifiées et préparées de manière trop contrôlée ». On reproche surtout le manque de clarté quant à la sélection et la composition de ces panels citoyens.
L’objectif est de terminer la phase de consultation au premier semestre de l’année prochaine, sous la présidence française de l’UE, puis de passer à l’élaboration d’avis. Mais, comme le Parlement européen, la Commission européenne ainsi que les délégations des 27 gouvernements et parlements ont leur mot à dire, une sorte de trilogue devrait vraisemblablement avoir lieu pour trancher les décisions finales. Plusieurs gouvernements et ministères organisent également leurs propres panels.
La majorité s’accorde sur le fait que quelque chose doit changer dans l’UE. La question est jusqu’où cela doit aller. Une révision modérée à la hauteur des enjeux actuels suffit-elle, ou faut-il que l’UE soit immédiatement rendue viable pour les générations futures ?
L’UE a grandi au cours des soixante dernières années, passant d’une petite organisation de six pays avec des tâches très limitées (CECA), à un groupe un peu plus large de neuf pays (CEE), puis à une organisation économique de seize pays (CE), avant de devenir l’actuelle grande organisation de 27 pays (UE) avec un large éventail de compétences.
Beaucoup de règles et procédures n’ont pas été adaptées à ces élargissements et sont devenues totalement obsolètes et impraticables. Puisque l’UE repose principalement sur des responsabilités partagées, de nombreuses décisions sont accompagnées de circuits de réunions importants.
L’organisation de la procédure de participation est assurée par la Conférence sur l’Avenir de l’Europe, dans laquelle siègent des politiciens représentant le Parlement européen, la Commission européenne et les pays de l’UE. Le député européen libéral belge Guy Verhofstadt a déclaré que plus de 2,5 millions de citoyens européens ont déjà participé via internet à des panels et enquêtes, et que 25 000 ont ouvert un compte pour faire des suggestions. Lors des conventions citoyennes, 200 personnes par panel débattront et formuleront des recommandations.
Verhofstadt a indiqué qu’il souhaite présenter les premiers résultats fin mars 2022. Il estime que ce sera un moment favorable : pendant la présidence française de l’Union, à la veille de l’élection présidentielle française, avec un nouveau gouvernement allemand fraîchement installé.

