Devant le bâtiment Berlaymont de la Commission européenne, des dizaines de jeunes membres du Mouvement Climat européen se sont une nouvelle fois rassemblés pour protester contre la nouvelle politique agricole commune (PAC). Comme lors des deux derniers week-ends, ces jeunes ont distribué des pamphlets aux passants.
Selon les jeunes pour le climat, la nouvelle PAC ne lutte pas contre la crise climatique. En revanche, la fédération européenne des jeunes agriculteurs (CEJA), qui s’oppose aux modifications de la PAC, appelle à cesser les protestations et à collaborer pour améliorer l’accord dans le cadre des textes législatifs actuellement à l’étude.
La semaine dernière, tant le Parlement européen que le Conseil des ministres de l’Agriculture ont défini leurs positions concernant la modernisation souhaitée de la politique agricole commune européenne. Mais ces positions sont nettement moins ambitieuses que la proposition de la Commission européenne.
Les groupes de gauche au Parlement européen ont donc voté contre ces affaiblissements et ont maintenant, avec les associations de climat et d’environnement, appelé à retirer intégralement la proposition.
Environ un tiers du budget de l’UE pour les sept prochaines années sera consacré à la politique agricole, mais selon les jeunes pour le climat, cela ne fait qu’aggraver la perte de biodiversité en «promouvant l’agriculture intensive en monoculture avec l’usage de pesticides». L’organisation prévoit d’intensifier les pressions sur les décideurs européens dans les semaines à venir grâce à des campagnes en ligne et hors ligne.
Les jeunes agriculteurs européens eux aussi ne sont pas satisfaits des textes actuels de la nouvelle politique agricole. Ils qualifient ces textes de «texte de vision non juridique rédigé par un petit groupe de personnes au sein du bâtiment Berlaymont, qui présente une vision imprécise et incomplète de la réalité, de la dynamique et des ambitions de l’agriculture du XXIe siècle».
Cependant, cela ne signifie pas que les jeunes agriculteurs ne prennent pas en compte les objectifs du Pacte vert pour l'Europe. Ils déclarent également vouloir défendre le statu quo actuel.
Les organisations de jeunes agriculteurs ont toujours été une voix critique mais constructive dans le débat, souligne-t-on. «Pour nous aussi, la réforme proposée ne correspond pas pleinement aux idées et à la vision que nous avons de l’avenir de l’agriculture européenne», affirment-ils.

