Les dirigeants des institutions européennes et le Premier ministre britannique Boris Johnson tiennent lundi un sommet pour débattre des négociations en impasse concernant un accord commercial entre l'Europe et la Grande-Bretagne.
Outre le Premier ministre britannique et le président de l'UE Charles Michel, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Parlement européen David Sassoli participeront également à la visioconférence.
Le Royaume-Uni est sorti de l'Union européenne fin janvier, mais demeure dans une période de transition jusqu'à la fin de cette année, durant laquelle il fait toujours partie de l'union douanière et du marché unique. Londres et Bruxelles peuvent encore décider ensemble dans les deux prochaines semaines de prolonger cette période de transition.
Le gouvernement conservateur de Johnson a jusqu'à présent toujours refusé cette option, mais il a désormais indiqué qu'il y aurait des négociations chaque semaine du 29 juin au 31 juillet. Ce nouveau processus inclut un mélange de sessions de négociations formelles et de réunions en petits groupes.
Cependant, les discussions sont bloquées et la question reste de savoir si un accord sera conclu à temps. L'UE a plusieurs fois exprimé son ouverture à la prolongation de la période de transition, mais les Britanniques ont continuellement rejeté cette option. Sans accord, un « Brexit dur » menace, ce qui signifierait en pratique des contrôles frontaliers plus stricts et des droits d'importation plus élevés.
Le Parlement européen a de nouveau exprimé la semaine dernière dans une résolution son soutien à la position de l'UE dans les négociations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur leurs relations futures. Les membres du Parlement européen déplorent le fait qu'aucun véritable progrès n'ait jusqu'à présent été réalisé et que les divergences restent importantes. Ils mettent en garde contre l'approche éclatée actuelle du gouvernement britannique et insistent sur le fait qu'un accord étendu est dans l'intérêt des deux parties.
Le texte souligne que l'approbation par le Parlement d'un futur accord commercial avec le Royaume-Uni dépend de la condition que le gouvernement britannique accepte un terrain de jeu équitable (règles et normes communes) dans des domaines tels que la protection de l'environnement, les normes du travail et les aides d'État, ainsi que la conclusion d'un accord sur la pêche.
Il avait déjà été convenu que ce mois-ci, un bilan des négociations serait dressé au plus haut niveau. Vendredi, le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, a déclaré à l'issue du quatrième cycle de négociations d'une semaine qu'aucun « progrès substantiel » n'avait été accompli. Son homologue britannique a parlé de « progrès limités ». On s'attend à ce que les quatre parties tentent lundi de rapprocher leurs positions.
Le Parlement européen discutera à nouveau des avancées du Brexit plus tard cette semaine lors de la session plénière à Bruxelles. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, devrait faire rapport de ses entretiens avec Johnson mardi ou mercredi.
En l'absence de percée, le Parlement européen pourrait bloquer l'affaire. Les eurodéputés menacent d'opposer leur veto à un futur accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni si celui-ci ne respecte pas les normes environnementales et les droits des travailleurs, selon un projet de résolution du Parlement européen consulté par le journal britannique The Guardian.

