La Commission européenne se prépare à inviter des représentants des talibans à Bruxelles pour des entretiens techniques sur le retour des demandeurs d'asile afghans. Selon des responsables européens, les discussions porteront sur une coopération pratique, notamment l'identification des personnes et la délivrance de documents de voyage pour leur retour.
Une nouvelle réunion à Bruxelles est attendue avant l'été, après une première visite technique à Kaboul en janvier. Une vingtaine de pays de l'UE, dont la Belgique, l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas, ont appelé la Commission européenne à présenter d'ici la fin de cette année des propositions pour faciliter à la fois les retours volontaires et contraints.
Les Pays-Bas
Les ministres d'extrême droite du PVV néerlandais, Faber et Klever, ont travaillé pendant deux ans sur des plans visant à transférer les demandeurs d'asile déboutés des Pays-Bas vers des camps d'accueil en Ouganda. Depuis, ce parti anti-immigration dirigé par Geert Wilders ne fait plus partie du gouvernement de coalition néerlandais.
Promotion
La perspective de discuter avec les dirigeants talibans afghans est controversée en raison de la politique du régime en matière de droits humains, notamment les restrictions imposées aux femmes et aux filles ainsi que la répression des dissidents. Les critiques mettent en garde contre le risque que même des contacts techniques confèrent une légitimité au régime.
Les Afghans
En outre, une guerre civile dure depuis plusieurs années au Congo, où règnent une grande violence et une criminalité élevée. Il est donc très incertain que les demandeurs d'asile afghans déboutés acceptent de coopérer. Une nouvelle politique européenne en matière d’asile et de visa, qui entrera en vigueur plus tard cette année, prévoit un « séjour temporaire » des demandeurs dans des « centres d'accueil » situés hors de l’UE.
Malgré la controverse, plusieurs pays de l'UE réclament un mécanisme coordonné de retour. Les Afghans constituaient l’an dernier l’un des plus grands groupes de demandeurs d'asile dans plusieurs États membres, et certains ont récemment repris les expulsions de personnes condamnées.
Les États-Unis
Le gouvernement américain de Trump est également en discussion avec la République démocratique du Congo concernant la réinstallation de 1 100 Afghans qui sont restés bloqués au Qatar il y a quelques années en attendant un visa américain. Ainsi, plus de quatre ans après le retrait américain de Kaboul, ces personnes vivent dans une incertitude juridique.
Certains sont des membres de famille de citoyens américains ou ont travaillé pour les Américains pendant la guerre de vingt ans. Le président Trump avait suspendu l’octroi de visas aux Afghans l'an dernier.
Les Iraniens en Albanie
Les États-Unis ont accueilli il y a plus de dix ans plusieurs milliers de combattants iraniens de la résistance dans un « village iranien » fortement sécurisé en Albanie. Ils avaient combattu aux côtés de l'armée américaine durant la guerre du Golfe, espérant renverser le régime des ayatollahs en Iran. Lorsque cet objectif a échoué, ces combattants moudjahidines ont demandé l’asile aux États-Unis, mais leur demande a été refusée.

