Les entreprises britanniques risquent d'être exclues des nouveaux régimes de préférence européens, alors que Londres reparle d'un éventuel retour dans l'UE et que le gouvernement Burnham souhaite étendre la coopération économique et défensive avec Bruxelles.
Britun
L'ancien Premier ministre Tony Blair estime que le Royaume-Uni devrait même viser à redevenir membre d'une Union européenne réformée dans dix ans. Selon son groupe de réflexion, ce retour doit devenir une pierre angulaire du plan décennal britannique. Blair considère cependant que Bruxelles doit d'abord mener un processus de réforme crédible.
Blair appelle le gouvernement britannique à s'éloigner de l'ancienne rhétorique du Brexit et des lignes rouges antérieures. Il souhaite que Londres cherche à rétablir une relation formelle avec l'UE. Si une réadhésion n'est pas possible, le Royaume-Uni doit selon lui collaborer avec l'Europe lorsque les intérêts convergent.
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Plus tard cette année
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham va pour l'heure moins loin. Il met l'accent sur des accords pratiques susceptibles de renforcer les liens économiques avec l'UE. Il n'exclut pas un éventuel retour dans l'Union à l'avenir. Burnham a annoncé qu'il présenterait plus tard cette année sa vision pour la prochaine décennie.
Défense
La question de la coopération avec des pays non membres de l'UE se pose également dans les programmes européens de défense. La participation britannique au programme européen SAFE pour les prêts d’armes est envisagée comme une possibilité. Douze pays de l'UE souhaitent que les programmes de défense restent accessibles aux alliés militaires hors Union. Ils s'opposent ainsi à la stratégie française qui veut que les pays de l'UE achètent leur matériel de défense exclusivement auprès de pays membres.
L'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, l'Estonie, la Finlande, l'Italie, la Lettonie, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie, la Suède et la Slovénie s'opposent à des règles de préférence européennes trop strictes dans le Fonds européen pour la compétition. Ils considèrent que l'ouverture aux pays tiers envoie un signal important aux alliés et partenaires extérieurs à l'UE.
« Non » français
Ce débat concerne aussi directement l'industrie britannique. La France souhaite que les nouvelles règles européennes de préférence établissent une distinction claire entre pays membres de l'UE et pays extérieurs. Cela rend plus difficile pour les entreprises britanniques de profiter de régimes favorisant la production et les entreprises européennes. L'Allemagne privilégie une approche plus ouverte envers les partenaires commerciaux fiables.
Ce rapprochement met en lumière à la fois les divergences au sein de l'UE. La France veut lier strictement les avantages à l’appartenance à l’UE, tandis que d’autres États membres souhaitent davantage de marge de manœuvre pour des partenariats étroits avec des pays hors Union. Cela fait aussi du futur statut du Royaume-Uni un sujet d’un débat européen plus large.

